Nous avons jusqu’ici eu la chance de pouvoir naviguer à distance de la préoccupation planétaire du moment. En voyageant à l’air libre et en campagne, se pliant évidemment aux règles en vigueurs ainsi qu’aux précautions nécessaires lors de nos rencontres, les turbulences dues au virus nous semblaient relativement lointaines. Mais depuis quelques jours, la menace gagne du terrain et commence à apparaître dans le rétro : la France qui instaure un nouveau confinement, les chiffes qui explosent en Italie, le conseil des ministres qui se réunit en urgence. Plus possible mettre la tête dans le sable, il va falloir que l’on se penche d’un peu plus près sur notre programme en cas de confinement.


Pensant d’abord qu’il serait impossible de circuler entre les régions, on annule le tour dans les Pouilles pour prendre l’itinéraire le plus rapide vers la Calabre. Nous sommes en contact là bas avec Rossella, « la dame aux chèvres », qui pourrait nous offrir le gîte et le couvert en échange d’un peu d’aide. À quelques kilomètres de l’entrée dans la région, on s’arrête pour un café matinal et lire le journal. Surprise! Il semblerait que la Calabre soit la seule zone rouge (=confinée) du Sud et que dès demain il y sera interdit d’y circuler. Revoyons nos plans!


Nos options : aller en Sicile , retourner dans une famille rencontrée dans les Abruzzes, aller chez Rossella ou prendre un vol pour l’Afrique. Prendre un vol pour l’Afrique?? « Mais ca va pas, on n’est pas du tout prêt! » « Ok on raye de la liste » Deux heures plus tard : « Tu sais, finalement c’est peut-être pas si con, l’Afrique. » Heureusement, le gouvernement Italien est aussi indécis que nous et la mise en place du nouveau décret prend du retard, nous laissant ainsi plus de marge de manœuvre. Après deux jours de tergiversations on opte pour la « dame aux chèvres », pommée à l’extrême sud de la Calabre, droit dans le rouge.